Et si on se souvenait qu’on a besoin des autres ?

 Il y a des gens qui ne savent pas s’ils mangeront demain

Il y a des gens qui ne savent pas quoi manger ce soir.

Des parents qui n’ont rien à mettre dans l’assiette.

Des gens qui dorment dehors, dans le froid.

Qui ont perdu un enfant. Un frère. Une dignité.

Et puis il y a nous.

Toit, repas, un salaire qui, nous permet de tenir. On n’est pas riche, non, mais on peut pas s’acheter des caprices non plus. 

Je ne dis pas ça pour qu’on culpabilise à la moindre fringale ou pour qu’on renonce à nos plaisirs.

Je dis juste que parfois, on oublie que la vie ne tourne pas autour de nous.

Qu’on est huit milliards. Et que derrière les façades, chacun essaie de faire de son mieux.

Chacun affronte des choses dont on ne sait rien.



Mais dans cette société qui nous pousse à penser efficacité, performance, et chacun pour soi, il y a un besoin qu’on écrase souvent : notre besoin de lien.

Le lien, ce truc banal mais vital. 

Les psychologues sociaux appellent ça le besoin d’appartenance.

C’est aussi essentiel que manger ou dormir.

On parle d’attachement, d’ancrage, de soutien social. On a besoin des autres. Ce n'est pas une faiblesse, c’est une condition humaine.

D’ailleurs, le cerveau est programmé pour ça. Des chercheurs comme Matthew Lieberman ont montré que nos neurones “sociaux” s’activent même quand on est seul, comme s’ils cherchaient en permanence à se connecter.

Alors pourquoi est-ce qu’on oublie ça ?

Pourquoi est-ce qu’on a du mal à tendre la main ?

Peut-être parce qu’on est crevé. Saturé.

Parce qu’à force de courir après les to-do, on se met en mode survie.

Et qu’on a appris à se dire que les autres, c’est secondaire.

Mais on ne peut pas vivre seuls.

Même les plus indépendants, même les plus forts.

On a besoin d’un mot gentil, d’un regard, d’un coup de main, d’une présence.

Et ça, ça s’appelle la prosocialité : c’est le fait d’agir pour le bien des autres, volontairement, sans attendre de récompense.

Pas besoin de faire de grands discours. Ni de tout donner.

Juste faire un petit pas. Un petit geste au quotidien. Cela peut être un sourire, un sacrifice, un acte de solidarité ou simplement le fait de respecter des règles pour le bien commun.

À première vue, ces comportements peuvent sembler naïfs ou secondaires. Et pourtant, sans eux, l’humanité ne serait jamais sortie de la savane.

 Voici une version résumée, plus fluide, avec des sources intégrées de manière simple et crédible :

Chez les humains, la survie n’a jamais reposé uniquement sur la force physique ou l’intelligence individuelle. Ce qui nous a réellement fait évoluer, c’est notre capacité à coopérer. Dès la préhistoire, nos ancêtres ont chassé en groupe, partagé la nourriture, élevé les enfants ensemble, soigné les blessés. Cette coopération a amélioré les chances de survie — elle a donc été naturellement favorisée et transmise (Tomasello, 2014 ; Boehm, 2012).

À mesure que la prosocialité s’est installée, les groupes sont devenus plus solides, plus organisés, capables de construire des sociétés complexes.

Et cet élan prosocial ne s’est pas arrêté à la survie : il est à l’origine de nombreux fondements de nos sociétés modernes.

  • L’écriture ? Apparue pour gérer les stocks, les dettes, organiser les échanges (Goody, 1977 ; Schmandt-Besserat, 1992).

  • Le droit ? Né pour encadrer les relations humaines, prévenir les conflits, assurer la stabilité (Graeber & Wengrow, 2021).

  • L’éducation ? Transmettre des savoirs sans contrepartie immédiate est un acte profondément prosocial (Tomasello, 2019).

  • Les systèmes de santé ou de solidarité ? Reposent sur l’idée de partage et de protection mutuelle.

  • Même Internet, dans ses débuts universitaires et communautaires, reposait sur des valeurs de collaboration et d’accès libre au savoir (Turner, 2006).

Enfin, les grandes luttes collectives pour les droits civiques, l’égalité, l’environnement. Elles s’appuient aussi sur un réflexe ancestral : se regrouper pour défendre ce qui dépasse l’intérêt individuel.


Quelques gestes, juste pour rappeler qu’on est humain

-Prier pour quelqu’un (si on croit).

-Envoyer un message sincère, sans raison spéciale. Juste demander : "Comment tu vas vraiment ?"

-Écouter, sans conseil, sans juger.

 -Cuisiner un plat pour quelqu’un qui traverse un moment dur. Ça vaut tous les likes du monde.

 -Donner un vêtement, un jouet, une pièce. 100 Ar, c’est rien pour toi. C’est un dîner pour quelqu’un d’autre.

-Sourire et nommer une personne "invisible" (agent d'entretien, SDF) en disant "Merci pour ce que vous faites" ou dire "pardon" quand on passe devant.

-Offrir 1h de votre compétence professionnelle (relecture de CV, réparation, conseil) à des personnes dans le besoin. 

 -Dire merci. Dire pardon. Dire : "Je suis là si tu veux parler."

  


Être altruiste, ce n’est pas être naïf

L’altruisme, ce n’est pas être gentil pour avoir la paix intérieure.

Ce n’est pas un échange de bons procédés.

C’est parfois un vrai effort. Un petit sacrifice.

C’est faire de la place en soi pour les autres.

Et ce n’est pas donné à tout le monde.

 

On vit dans un monde qui valorise le “soi d’abord”. Et parfois, c’est normal. Il faut savoir se protéger, poser ses limites. Mais ça ne veut pas dire s’enfermer.

Ce n’est pas parce qu’on souffre qu’on ne peut pas aider.

Ce n’est pas parce qu’on est fatigué qu’on n’a rien à offrir.

Même fatigué, on peut tendre la main. Même à distance. Même en silence.

Pour finir

Je crois qu’on a besoin de réapprendre à se regarder. Pas juste à se voir.
De redonner un peu de sens au mot présence.
On peut écrire à une IA, parler à son mur, liker des réels... Mais aucune technologie ne remplacera un cœur qui écoute.

Et si on ne veut pas devenir des machines bien habillées, il va falloir remettre un peu d’humanité dans nos gestes.

Pas pour se sentir meilleur.

Mais juste... pour rester vivant.

 

 

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