Et si tout partait de nous ?
Figure majeure de la psychologie du bien-être, Robert Holden a fait de la relation à soi le cœur de son best-seller Loveability. Pour lui, l'amour des autres n'est que le reflet de l'amour que l'on se porte. C'est de ce postulat fondamental qu'est née son affirmation : « Votre relation avec vous-même donne le ton à toutes les autres relations que vous entretenez ». Et si tout partait de là ?
Prenons un instant. Rappelons-nous la dernière fois où nous avons ruminé une erreur. Cette petite voix intérieure qui juge, qui doute, qui exige… Cette même voix, c'est elle qui chuchote à l'oreille lorsque votre partenaire est silencieux, qui interprète le regard d'un collègue, qui façonne notre manière d'aimer et de nous lier aux autres. Elle est le filtre, souvent invisible, à travers lequel nous vivons chaque connexion.
L'importance du dialogue intérieur (Liva)
« Je pense qu’il est essentiel d’entretenir une bonne relation avec soi-même. Comment pourrait-on comprendre et échanger avec les autres si l’on n’est pas d’abord capable de dialoguer avec soi ? Pour communiquer avec authenticité et établir des échanges sincères, il est nécessaire de maîtriser sa relation au soi. C’est en fonction de la manière dont nous nous traitons et nous comportons avec nous-mêmes que les autres perçoivent notre personnalité et ajustent leur façon d’interagir avec nous. »
Liva nous rappelle que la première conversation est intérieure. Celui qui ne sait pas s’écouter parle souvent trop, ou trop peu. Celui qui se juge sans cesse finit par projeter ce jugement sur les autres. À l’inverse, cultiver une bienveillance envers soi-même est le terreau de relations plus authentiques et paisibles.
La puissance des petits gestes
« Je me rends souvent compte que la façon dont on se parle dit beaucoup plus que les mots eux-mêmes. Dans nos amitiés, nos amours, nos familles ou même au travail, un simple ton, une attention, un silence peut tout changer. Un message répondu avec sincérité, un mot bienveillant ou une écoute réelle peuvent renforcer la confiance et rapprocher les cœurs.
À l’inverse, quand on néglige une réponse, qu’on parle sèchement ou qu’on n’écoute qu’à moitié, l’autre peut se sentir invisible. Et ce n’est pas toujours volontaire, mais les petites négligences répétées fragilisent plus sûrement un lien que les grands conflits.
Je crois profondément que nos relations n’ont pas besoin d’être parfaites. Ce qui les rend solides, c’est notre volonté d’y mettre du respect et de l’attention. Savoir dire quand on est blessé, oser reconnaître nos torts, ou simplement être là, présent, sans distraction : ce sont ces gestes simples qui font toute la différence.
En fin de compte, nos mots et notre façon de les offrir deviennent le ciment — ou la fissure — de nos relations. Et ça, on l’oublie parfois trop vite. »
Julianna nous rappelle une vérité que nous oublions souvent : les relations se construisent dans les détails invisibles. Ce n’est pas l’extraordinaire qui crée la confiance, mais la constance. Une voix douce, un silence respectueux, un mot offert au bon moment, ces petites pierres forment la maison d’une relation solide.
Nous sommes le premier modèle de la façon dont les autres vont nous traiter.
Ces deux regards, l'un tourné vers l'intérieur et l'autre vers l'extérieur, posent un même constat fondamental : nous sommes le premier modèle de la façon dont les autres vont nous traiter.
Nous croyons souvent que la qualité de nos liens dépend principalement des autres, mais elle commence toujours par le reflet que nous voyons dans le miroir. La façon dont nous nous parlons devient parfois la façon dont nous parlons au monde.
Alors, peut-être qu’aimer les autres, c’est d’abord apprendre à s’aimer soi. Non pas dans un grand geste héroïque, mais dans de minuscules attentions quotidiennes. Parce qu’un simple mot adressé avec douceur, à soi ou à autrui, peut de temps en temps changer la texture entière d’une journée.
Pour en prendre pleinement conscience, rien ne vaut l’expérience
En psychologie comme dans la vie quotidienne, réfléchir ne suffit pas : c’est la mise en pratique qui change nos habitudes. Pour mieux comprendre l’impact de ta relation à toi-même, voici un petit exercice simple que tu peux tester dès ce soir. Pour en prendre pleinement conscience, rien ne vaut l’expérience
Avant de t’endormir, repense à une interaction de ta journée qui t’a marqué — agréable ou désagréable.
-
La scène : Revois-la brièvement comme si tu regardais un film. Qui était là ? Qu’a-t-il dit ? Qu’as-tu répondu ?
-
L’émotion : Mets un mot sur le sentiment principal qui est resté en toi (joie, gêne, colère, tendresse…).
-
La petite voix intérieure : Écoute la phrase qui t’a traversé l’esprit sur le moment (ex. : « il ne me respecte pas », « je ne suis pas assez… », ou au contraire « je me sens soutenu »).
-
Le lien : Demande-toi : est-ce vraiment la situation qui m’a fait réagir, ou bien la façon dont je l’ai interprétée ?
Et puis, remercie-toi d’avoir pris ce temps d’observation. L’exercice n’est pas là pour juger, mais pour mettre un peu de lumière sur ce fil invisible entre ce que tu te dis et la manière dont tu vis tes relations.


Commentaires